Vidéosurveillance : Souriez, vous êtes filmés

À Toulouse, l’espace public est sous l’œil de plus de 400 caméras de vidéoprotection. A quel point sommes-nous surveillés et ce dispositif est-il vraiment efficace? Réponse en vidéo avec Nicolas et Didier, policiers municipaux, Guillaume Gormand, docteur en administration publique et l’avocate Cécile Brandeli.

Aeimen Benallouche & Mathida Diaby ⎮ 11/12/2020⎮ Temps de lecture : 10 min.

À Toulouse, plus de 400 caméras de surveillance sont installées sur l’espace public. Elles captent, transmettent et sauvegardent les images prises dans les rues pendant 15 jours. Renforcer le dispositif de vidéosurveillance est une des priorités de Jean-Luc Moudenc. En poste depuis 2014, il a investi plus 8,6 millions d’euros dans la vidéosurveillance et fait passer le nombre de caméras sur le territoire communal de 21 à plus de 400.

À Toulouse les caméras sont présentes à chaque coins de rue (Crédits : Heather Cerf)

La police est favorable à ce renforcement. Pour Didier, policier municipal et représentant syndical Force Ouvrière, le réseau de caméras facilite énormément son travail et celui de ses collègues. C’est un outil qui leur permet d’intervenir plus efficacement en cas d’infraction ou de délit. Mais en termes de dissuasion de la délinquance, “on est sur un quasi zéro”, nuance Guillaume Gormand. Nicolas, lui aussi policier et représentant FO, le reconnaît, “si une personne veut dealer sous des caméras, elle le fera”.

Une atteinte aux libertés individuelles ?

À Toulouse, les caméras sont installées aux abords des lieux sensibles, c’est-à-dire, autour des bâtiments publics, des préfectures, des mairies… Elles sont nombreuses en hyper-centre, là où ont lieu les manifestations culturelles et politiques mais également là où ont lieu une majorité des infractions commises sur l’espace public.

Les caméras sont rivées en permanence sur les usagers de l’ensemble de la ville de Toulouse. L’idée d’être surveillé passe mal et le débat s’ouvre en 2010. Un changement sémantique prend effet en 2011, la « vidéosurveillance » devient officiellement la “vidéoprotection”. L’objectif derrière : rendre l’implantation de caméras sur l’espace public plus acceptable aux yeux des citoyens.

Partout en France, la vidéoprotection reste soumise à un ensemble de règles et de mesures  protégeant les libertés individuelles. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) encadre la captation et l’exploitation des images. Seuls les agents habilités sont autorisés à entrer dans le Centre d’Information et de commandement de la Police Municipale.

Aeimen Benallouche et Mathida Diaby